Pendant des siècles, les communautés autochtones de l'Arctique ont décrit les aurores boréales comme un phénomène sonore : murmures, craquements, chuchotements portés par les paysages gelés. Ces témoignages ne relèvent pas de la métaphore, mais désignent plutôt une expérience sensorielle, presque métaphysique que la science a longtemps refusé de prendre au sérieux.
Hearing Auroræ suit Sébastien Robert et le radioastronome Rob Stammes dans l'archipel du Svalbard, dans la tentative de capturer, peut-être pour la première fois:le son des aurores boréales à l'aide d'un microphone direct. Sébastien et Rob ont consacré des années à écouter le ciel. Cette nécessité intérieure nous guide dans un monde où le bruit humain a recouvert presque tout ce qui existait avant lui. Les aurores deviennent le point de convergence entre savoir autochtone, rigueur scientifique et émerveillement:trois régimes d'écoute que notre époque a tendance à dissocier.
Ce qui m'a attirée vers ce projet, c'est moins l'aurore elle-même que ceux qui la cherchent. Il y a dans la figure du chercheur; qu'il soit scientifique ou artiste, quelque chose d'archaïque et d'indéfectible : une conviction que le monde contient encore des choses qui résistent, qui se dérobent, et qu'il vaut la peine de s'y exposer entièrement pour tenter de les atteindre.